Pertes blanches et IST

Santé Publique France rapporte qu’en seulement 4 ans, les infections sexuellement transmissibles (IST), plus particulièrement celles associées au Chlamydia et au gonocoque, ont fortement grimpé dans l’Hexagone. Rien qu’en 2016, plus de 268.000 cas d’infections à Chlamydia ont été décelés chez les sujets âgés de plus de 15 ans. Et le plus troublant, c’est que ces chiffres ne reflètent certainement pas les cas de pertes blanches qui sont parfois associées aux IST.

Qu’est-ce que les pertes blanches ?

Souvent banales et discrètes, les pertes blanches constituent une fonction vaginale normale (source). En effet, elles permettent d’éliminer les cellules mortes et les bactéries du vagin lorsque du liquide est libéré des glandes situées à l’intérieur du col utérin. Mais elles peuvent également indiquer la présence de certains troubles ou peuvent être dus à des phénomènes sexuels ou non sexuels.

Les phénomènes non sexuels qui peuvent induire une perte vaginale :

  • prise d’antibiotiques,
  • contraception,
  • cancer du col utérin,
  • irritation due à la douche,
  • allergie aux lotions ou savons parfumés,
  • vaginose bactérienne,
  • et infections à levures.

La vaginose bactérienne et les infections à levures sont des pathologies non sexuelles qui surviennent chez de nombreuses femmes, lorsque la quantité de bactéries ou de champignons est déséquilibrée. Elles peuvent alors occasionner des pertes blanches, accompagnées d’odeur et de démangeaisons. Toutefois, un écoulement malodorant dont la couleur et la texture sont anormales, peut aussi indiquer une infection sexuellement transmissible.

Si l’écoulement vaginal relève d’une maladie sexuellement transmissible, on en déduit une infection due à une bactérie, à un champignon ou à un autre intrus responsable de l’inflammation du vagin, du col utérin ou des voies urinaires. Dans ce cas, c’est le facteur pathologique qui détermine la couleur, la texture et l’odeur des pertes blanches. En conséquence, l’écoulement peut être :

  • fin et liquide, ou au contraire épais et visqueux ;
  • de texture gommeuse,
  • de couleur blanc laiteux, grisâtre, jaune ou verte ;
  • sanguinolent.

Les infections sexuellement transmissibles

Chez la femme, les symptômes courants d’une MST incluent :

  • des démangeaisons vaginales,
  • des éruptions cutanées,
  • un écoulement inhabituel et anormal,
  • de la douleur ou une irritation.

Quelles IST entraînent des pertes vaginales ?

La Chlamydia et la gonorrhée sont couramment associées aux pertes vaginales, et en particulier aux pertes sanglantes. Nous savons que la Chlamydia est la MST la plus répandue chez la femme, tandis que la gonorrhée l’accompagne souvent dans le cas d’une co-infection. Heureusement, ces deux pathologies sont très sensibles aux antibiotiques (une seule dose suffit à condition de la prendre tôt). Seulement, elles peuvent provoquer des effets secondaires très graves à long terme si elles ne sont pas traitées. De son côté, la trichomonase, une MST causée par un protozoaire parasite (le trichomonas vaginalis), occasionne également des pertes blanches, reconnaissables par leur odeur désagréable. Cette fois, il est possible de traiter l’infection à l’aide d’un agent antiparasitaire, que le médecin prescrira contre le trichomonas vaginalis.

Dans quels cas s’inquiéter ?

Si les pertes blanches s’accompagnent de fièvre, il est indispensable de réagir car ce double symptôme indique une infection dans le bas-ventre. En effet, si les pertes discrètes, indolores et sans démangeaisons proviennent généralement d’une infection due à la Chlamydia, ce germe peut tout de même exercer un effet nocif sur les trompes, voire entraîner la stérilité. Dans tous les cas, en présence de pertes d’origine inconnue, un prélèvement vulvo-vaginal est indispensable pour détecter le germe responsable de l’infection.

En somme, une consultation médicale, accompagnée d’un examen approfondi, est une étape primordiale permettant de déterminer la cause des pertes blanches. Des tests réguliers en matière de MST permettent d’ailleurs de ralentir la progression des pathologies déjà présentes mais qui ne montrent pas de symptômes.

Dans le cas des pertes accompagnés de symptômes courants (irritations et brûlures), il est possible de recourir à l’automédication. C’est notamment le cas pour les mycoses, qui peuvent être traités à l’aide d’ovules antimycosiques, disponibles en vente libre dans les pharmacies. En revanche, les pertes blanches qui cachent une pathologie plus sérieuse doivent être examinées de près par un professionnel de la santé. Seul ce dernier saura diagnostiquer le trouble et préconiser le traitement correspondant.

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